mercredi, janvier 31, 2007

Avant de clore Janvier 2007...

… je voulais souhaiter à tout ceux que j’ai oublié une très belle année…
Sans trop de travail, il fatigue. Sans trop succès, il éblouie. Sans trop de choses, elles aliènent. Sans trop d’argent, il fait oublier que le meilleur est gratuit.
Avec juste assez de pain et d’amour et suffisamment de rien pour voir clair, mesurer les gravités, poursuivre ses quêtes…
(L'espoir fait vivre! On peux toujours souhaiter...)

Un belle année en particulier à ceux qui démarrent …
… leur vie : Nina, Arthur et Oscar.
… leur mariage : (par ordre chronologique) Juju et Rem, Diane et Olivier, Arno et Priscilla, Agathe et Louis, Clem et Ludo, Quentin et Alix, Lav et Polo, Sophie et Tibo, Amélie et Fred, FX et Bérénice, Antoine et Caro. (Ils me font bien rire ceux qui juraient qu’il ne se passerai rien en un an !!)
… leur bébé : …
… leur virage : …
… Et peut être même, à ceux qui démarreront une mission … Parce que les besoins de ce monde sont multiples et, qu’entre autres, Enfants du Mékong recrute pour l’année prochaine, des volontaires, couples ou célibataires ayant un an à donner… et tout à recevoir !
L’adresse du site est dans les liens… A bon entendeur … Bonne Année !

lundi, janvier 29, 2007

La mélodie du bonheur

Les matins s’éveillent aux chants des coqs, aux voix des enfants qui partent à l’école, aux frottements des brosses sur le linge, aux love song des radios, aux clapotis de l’eau savonneuse qui dévale la rue jusqu’à la bouche d’égout, aux grincements des portails…

Dans la journée, se succèdent ou s’ajoutent les claquement des tongs, les vrombissements des moteurs, les appels des vendeurs ambulants, le bringuebalement des tricycles, les klaxons, les chants des karaokés, les cris des enfants, la musique des vendeurs de glace, les hurlements des rabatteurs des bus, encore des bruits de moteurs, encore des klaxons, les rots et les raclements de gorges qui ne choquent que moi, les rires des philippines qui s’apparentent à des sirènes hurlantes, les « hello Maaam » des vendeurs, des gardes, des passants … encore des klaxons, encore des voix d’enfants…

Le soleil se couche au son des conversations sonores des pochetrons, des croassements des gecos (lezards), des murmures de la maison d’à côté, de ces p… de karaoké, de quelques avions et des pleurs des bébés…

samedi, janvier 27, 2007

Elle se retourne dans sa tombe...

mardi, janvier 23, 2007

Sinulog

C’est le nom donné à l’un des plus grands festivals philippins qui se déroulait ce week-end, à Cebu, principale ville du sud.
Santo Nino, microscopique statue de Jesus enfant, ramené d’Espagne par Magellan, est le patron de la ville. Exposé dans sa basilique, il voit défilé depuis plus de 5siècles, toutes les générations de Cebuanos : les enfants les veilles d’examens, les ouvriers à chaque nouveau chantier, les mères de famille dès que survient un nouvel événement…
Samedi, comme avec Magellan en 1520, il arrive en bateau au petit matin dans la baie de Cebu constellée de barques, puis traverse la ville, suivi au fur et à mesure, de tous les habitants portant leurs reproductions dans les bras. La procession silencieuse s’arrête à la basilique pour une gigantesque messe où chacun brandira son Santo Nino afin qu’il soit bénit et protége son propriétaire toute l’année.
Le lendemain est un défilé de chars, de danseurs, de costumes et de marionnettes mêlant aussi bien les stars de la télé réalité ou les écoles primaires de quartiers, aux grandes entreprises philippines… Tout ce petit monde ne lâchant pas son Santo Nino du week-end…
Deux jours complètement magique, entre dévotion et superstition, ou toute une région s’arrête pour faire la fête ensemble, ou une ville se vide pour mieux se rassembler… encore une belle tranche de culture philippine… On ne se lasse pas !

mercredi, janvier 17, 2007

Tricycle

L’économie philippine s’effondrera certainement le jour où les philippins apprendront à marcher… En attendant, tous les petits trajets intra-quartier à Manille ou intra-ville en province se font en tricycle : une moto et un site-car.
On trouve aussi des versions vélos appelés pedicab.
Les tricycles sont customisés suivants les quartiers, les villes… changent de couleur, toile épaisse ou taule en guise de toit… casier à bagage à l’arrière ou pas…A ma connaissance, on peut y tenir jusqu’à 8…

Tricycle driver, c’est un métier de pauvre, on gagne 6pesos (10centimes d’euros) par course et par personne, auquel il faut soustraire l’essence. L’acquisition est souvent l’affaire de toute une vie… Si ce n’est de plusieurs générations. L’entretien est bidouille. Transmis de générations en générations, il peut y avoir jusqu’à 3 familles vivant sur une machine, juste une question de répartition des tranches horaires…

Pour ne rien vous cacher… J’adore les tricycles !!
Déjà parce qu’ils rendent mes lacunes de conductrice totalement invisibles ici (J'en profite pour saluer l'exploit du jour : le permis de la Bertille, qui me laisse ainsi seule a l'auto-ecole en septembre au milieu des bacheliers...), ensuite parce que lorsque je sors de chez moi, ils sont toujours trop contents et fiers que la blanche monte dans leur tricycle et pas un autre… et surtout, c’est un vrai bonheur de s’installer derrière le chauffeur, de regarder le vie de la rue défiler en profitant des sourires et des signes de la main distribués à la volée.

vendredi, janvier 12, 2007

Mardi 19decembre, Albay

On ne les a pas entendu arriver. Les enfants sont là, ils ont mis leurs t-shirts jaunes offerts par les Sœurs, l’année dernière. Ils préparent une chanson pour les rescapés… Nous montons dans le jeepney.
Au bout d’un quart d’heure… Albay…Tout le monde descend.


Nous sommes sur une autoroute de boue bordée de palmiers et parsemée d’énormes rochers. Face aux grands chocs, il y a ceux qui parlent beaucoup et ceux qui ne parlent pas du tout… La Sister devient un véritable moulin à paroles, elle me décrit le décor que j’ai sous les yeux, me raconte l’histoire que tout le monde connaît, ne peut s’empêcher d’insister sur l’horreur… Faites la taire… Mon Dieu, faites la taire… vite, avant que je vais lui fasse bouffer son voile!! Apercevant de loin, une blanche, une équipe de télé courre vers moi… Sister Angela se jette devant la camera…
J’observe les enfants, ils ouvrent de grands yeux, se parlent peu, personne ne perd son sourire. Jayson et Marianne, les deux plus petits s’agrippent à mes mains… M’entraînent plus loin… Les grands, Jordan et Christopher observent le terrain, m’aident à franchir les pierres, l’eau… J’ai appris à Dexter et Mark à utiliser mon appareil, ils font assistants photographes. Fidel a pris mon sac, John mon parapluie, il l’ouvre et le referme sur moi à la moindre goutte… Toute Marie-Antoinette qu’elle fut, la dernière reine de France n’a certainement jamais connu pareille sollicitude… Je guette leurs réactions… Rien ne vient… Et comme rien ne vient, je me laisse aller… J’ouvre mes yeux, mon esprit à ce qui se déroule devant moi…
Trois arbres et une église. Un silence stupéfait, un grondement dans ma tête, mes yeux écarquillés n’en reviennent pas de tant d’horreurs… Je connais cet endroit… Je ne refait pas le même chemin, je repasse 3metres au dessus… Les rares toits en dur sont au ras du sol…Sous mes pas, il y a cette ville traversée il y a 3mois, et surtout ces vies… Nous sommes sur un cimetière sans tombe, ou plutôt, nous sommes dans la tombe d’un millier de personnes.

Ecole élémentaire de Buhay, transformée en centre d’accueil. Tout le camp nous attend dans la cour. Les enfants s’installent, chantent et chorégraphient la chanson qu’ils ont préparés... puis des chants de Noël et distribution des paquets. Une fois que tout est terminé, ils ouvrent leurs sacs à dos et disparaissent dans les salles de classes…
Ils sont traumatisés par ce qu’ils viennent de vivre, ils ont perdu la majorité du peu qu’ils possédaient, mais, sans qu’on ne leur ai rien demandé, chacun est venu avec un t-shirt ou paires de chaussures, tirés de ses placards, certains parents avaient préparé des colis de nourriture. Ils n’ont plus rien, et sont venus donner…

Durant le trajet du retour à Legaspi, Almonso plante ses yeux au fond des miens, et d’un air grave me dit « Komusta Até? » (Comment vas-tu Até ?) -Até, c’est la grande sœur, la bienveillante, c’est le nom des volontaires-
C’est comme ça qu’il me réveille… Inconsciemment, depuis 2h, je n’ai pas rit, peu sourit, pas joué, quasiment rien dit… J’ai tenté de marquer mon cœur et mon esprit de toute cette mort, de toute cette vie, de leur maturité et de leur force, de leur générosité… C’est son inquiétude qui vient me sortir de là… « Mabuti Almonso, mabuti »… (bien)

Ma vie, celle qui m’attend à Paris, comment vais-je faire pour lui faire transpirer un jour comme aujourd’hui ?

jeudi, janvier 11, 2007

Lundi 18decembre, Legaspi

Vers 7h du matin, mon bus entre dans la ville… Enfin ! Depuis 3semaines, je dors mal, je mange peu, j’angoisse à l’idée d’avoir perdu l’un ou plusieurs d’entre eux.
Il règne une ambiance étrange, il n’y a pas d’électricité, donc pas de déco de Noël, pas de musique… Il n’y a pas de télé, ils ne savent pas que le monde entier à parler d’eux, ils savent à peine ce qui s’est passé à Albay, à 5km… La boue est partout… L’eau courante marche avec intermittence… Les écoles et les postes sont fermées…
J’arrive chez les Sœurs. Un papier m’attend sur la porte : c’est leur jour de prière en silence… (Ho, ça démarre bien !!!). Il faut que j’aille dans ma chambre et que je retrouve Fidel et les jumeaux, Dexter et Mark.

Je fais demi-tour, pose mon sac dans l’endroit loué… un nid à cafards comme je les aime…
Les garçons m’attendent en bas… Les enfants de ce programme vivent de la rue. Leurs familles ont si peu qu’ils ont pris l’habitude de subvenir aux besoins du foyer, ils distribuent des journaux, font la manche, vendent des balaies, ou leurs corps… Ils ont une douzaine d’année tous les trois, des sacrés gueules cassées…
Ils commencent par me rassurer : tout le monde est vivant... miraculeusement ! Ensemble nous faisons le tour des enfants du programme de Legaspi, de chaque enfant, chaque famille, chaque maison, du moins son emplacement… Mon soulagement aura duré peu de temps…De la maison de Jeffrey, il reste les 4poteaux en bois qui délimitaient les angles, de celle d’Almonso, absolument rien, de celle de John Rey, un tas. Je suis stupéfaite de voir ses p’tis frères et sœurs en sortir…
Le quartier du port fait de maisons sur pilotis a été noyé et salement endommagé, sur la plage tout est parti… Chacun à son histoire… Au détour d’une ruelle, Dexter et Mark me montrent le mur qui leur a sauvé la vie… Ils ont passés 3heures, accroupi dessus… avec un bébé d’un an, sauvé des eaux, dans les bras… beaucoup d’enfants s’étaient réfugiés dans la maison en dur du quartier… La succession d’histoires invraisemblables, de visages, de maisons et de vies à reconstruire paraît sans fin…
Après 6h dans les ruelles, je sonne l’arrêt du marathon et les emmène tous les 3 au Jolibee, le fast food Philippin… Le garde regarde Fidel bizarrement… D’une main sur l’épaule, je l’entraîne à l’intérieur : Il faisait la manche devant le centre commercial, la sécurité le connaît et se méfie…
Pendant le déjeuner, je leur demande s’ils sont impatients de fêter Noël, demain, avec les Sœurs et les autres enfants. Ils me répondent que non… (!!!?!)… Ils veulent aller distribuer les paquets des Sœurs aux réfugiés… Eux, ils ont la vie, une maison, une famille (leur père est mort de la tuberculose l’année dernière, et leur mère est folle et itinérante) … Les autres ont tout perdu, ce serait mieux de fêter Noël avec eux…
A la fin du repas, les jumeaux se partagent le hamburger de Mark… Je tends à Dexter le sien… Il me demande s’il peut le garder pour sa mère…
Nous sortons de table pour refaire en accéléré, exactement le même tour… Je veux savoir ce que les autres pensent de la Christmas Party… Ils en avaient déjà parlé ensemble et ils sont tous d’accord… Ils voulaient en parler aux Sœurs mais ce sont fait surprendre par la journée de silence.
A 5h… le soleil commence à se coucher, les sœurs peuvent parler… Je leur soumet l’idée, un texto au maire et c’est bouclé. Nous passeront la soirée à défaire et refaire les paquets de nourriture destinés, à l’origine, aux familles des enfants.

mercredi, janvier 10, 2007

Les dieux sont tombés sur la tête…

3 décembre
Le vent s’est levé … a soufflé … fort… très fort…
Trop fort pour les tôles, trop fort pour les toits…
Tous les toits sont partis …

Le vent a remué l’eau…
Soulevé l’océan, disons plutôt…
Au Port, fait de maison sur pilotis
L’eau est monté un mètre au dessus des têtes…

Le feu a été réveillé par le vent
Le feu, c’est celui qui fait semblant de dormir dans le volcan
Il est sorti et ses pierres volcaniques avec lui

Le vent, le feu, l’eau se sont retrouvé sur le cratère
Tous les 4 sont partis… et ont invité la terre
Une coulée de lave, de rochers, de boue,
Trace une route qui, comme Albay, relie volcan et mer.
Une coulée folle, sur son passage, engloutit tout
Une coule folle, de dieux devenus fous.

lundi, janvier 08, 2007

Adieu Faisanderie

Seule à ma table, depuis 10jours, je rédige mes rapports, tente de venir en aide au comité de traduction, trie mes photos, écris des lettres aux parrains, prépare mes visites… A peine troublées par les passages intempestifs de mes petits voisins venus voir Woody (ma colocataire tortue), mes journées sont rythmées par le passage de mon écran à celui du cyber…
Donnez-moi un metro bondé, la rue de la Faisandrie à longer avec deux MRM devant, deux MRM derrière, deux autres sur le trottoir d’en face et tout ce p’tit monde qui fait semblant de se découvrir si proche, au feu, devant la pharmacie.

Donnez-moi le défilé des têtes du matin que je note votre moral, des histoires de Poussinou et de varicelle qui ne cicatrise pas, une reco avec Hélène Dut, une entrée à l’éxé en lançant un grand « Salut ! » qui réveille tout le monde, un brief qui n’inspire personne, un dej au japonais avec la Canal Touch, l’énergie de Chloé, un texte de Caro qui vend trois fils de fer entremêlés comme le dernier objet déco à la mode, une réunion de crise dans les chiottes du 3eme, une aventure de Noé et petit poulet, un décryptage de debrief avec Sylvaine, une pause dans le bureau de Bruno et Peggy, un client qui pige rien, les dernières trouvailles de Fabienne, Nat Chab quand elle devient magique divisant ainsi une durée d’impression par 3, une demi-journée de réunion chez TOTAL dans une salle sans fenêtre et sans un verre d’eau, un plasboard avec Marie D, un tartare au Longchamp, Baydi qui s’avance en disant « heu, juste une question … » et on y passera 2h, des nouvelles des accouchées et des mariées, OJP dans ses jours de ragnagnas, les radio-reseau d’Emilie (Ha oui … parce que EmilieB fouille le réseau !), un imprimeur qui se prend 1semaine de marge, des relances feuilles de temps, un mail de Miguel qui comprends pas pourquoi on envoi des mails, un dilemme éclair au choc-tarte au citron-crepes-mouelleu ou tarte aux pommes, un café au soleil avec Manu, le siège jaune derrière le bureau de Remy, l’humour caustique d’Artus, une pres CCB LE jour ou j’y vais seule et ou ils ont décidé de venir à 14, une nocturne, un planning avec Pascale et Sylvie, un débrief du client avec la mise en page par fax et les ref pantone par mail, un apéro dans le jardin…

Aujourd’hui, je me ferai bien une grande belle journée catastrophe avec les MRMiens !

jeudi, janvier 04, 2007

Maligayang Pasko , Anigong bagong taon 2007

Noel aux Philippines fut totalement magique et d’une telle evidence que je me sens extraterrestre lorsqu’on me demande si c’est pas trop dur de feter Noel si loin… heu … non !???!!!

Voila deux petites images qui resumeront que tres tres partiellement ces 3jours de fetes :
La crèche vivante des volontaires :

Simon et Charles en moutons, Daphnee fait Jesus, Constance en paille (!), Angela en Joseph, Pascaline fait Marie, Nicolo, volontaire philippin et Armelle respectivement dans les roles du boeuf et de l’ane, Stephanie et Tim en bergers, la petite etoile Laurent et votre ange preferee … me!
Vous ne me verrait pas trop : mon deguisement de fortune qui se resumait a un drap et une couronne de coton m’a lache un quart de seconde avant la prise de la photo me laissant qque peu devetue au milieu de la rue, fort heureusement, vide !!!


Mes cadeaux philippins :

un vase d’un gout certain, qui fit baver d’envie toutes les Philippines qui se trouvaient autour du sapin, cadeau d’un garcon en reinsertion après plusieurs annees de prison. Et une lampe bonhomme articule, entierement travaillee par les mains de Simon, reduisant ainsi a neant les nuits precedants Noel de ses colocataires…


La derniere bouchee avalee, nous sommes partie vers Bohol pour un peu d’evasion. Quatres jours de reves, a sillonner l’ile en moto (L’avantage de la distance, c’est qu’on a pas de reputation… donc on m’a laisse le guidon! Tres naturellement d’ailleurs… C’est troublant). 2007 a demarre en maillot, sous les feux d’artifices. Chaque annee, les philippins se ruinnent en petards et feux d’artifices donnant au 31, des allures de 38 juillet (3x14) virant souvent a la 3eme guerre mondiale…