lundi, octobre 30, 2006

A Manille

Je vous laisse aux cols roulés, chocolats chauds et thés, recherches d’appartements, travaux et déménagements, grands débats de nos candidats, Star Académie, La Chapelle à la Galerie du XXeme, Wald Disney au Grand Palais, Doisneau à la Mairie, Ne le dis à Personne, Poltergay et La Californie… Malgré quelques regrets pour les robes en laine Maje, (qui seraient certainement venues s’ajouter à ma collection de jupes portées une fois par an), je suis ravie de louper l’hiver du slim et du leggings… ca ne m’irait pas du tout !!
Je retourne donc à cette vie sans Elle, sans parfum et sans sac à main… (C’est ouf quand même !!!)

Un grand merci pour votre attention à ce blog, je n’en avais pas pris la mesure, vos questions, qui m’ont donné plein d’idées pour la suite, votre soutien, et votre disponibilité durant ces quelques jours français… Pardon à ceux que j’ai loupé …
Je mesure ma chance que le temps se démultiplie quelque soit l’endroit où je suis… et se divise quand je n’y suis pas…

La morale de ma semaine c’est qu’on peut faire le tour du monde,
de son essence et de ses futilités,
de ses familles et de ses amis,
le tour des morts et des vies,
bref le tour de ma vie … le tout en une semaine…
On est rien… et c’est à ce point !!

vendredi, octobre 20, 2006

Foutue loie des series :
J'atterris,
Ma grand mere est morte cette nuit.

Faites que ca s'arrete...

jeudi, octobre 19, 2006

A Paris

Une petite dame s’en va, laisse un grand vide autour de moi...

Je rentre donc saluer ce pilier de ma vie.

Je ne cesse de répéter : « C’est lunaire ! »… Cette loie des series... lunaire… Cette immortelle qui meurt…lunaire... Ce vol décidé hier à minuit, acheté à midi et qui m’emmène aujourd'hui à l’autre bout de la terre… lunaire… Cette lettre d’elle, arrivée ce matin… lunaire… Un pain au chocolat avec Quentin à Paris demain…lunaire… de voir ma famille éparpillée autour du monde se retrouver en moins 24h… lunaire… De s’apercevoir in extremis, que je suis sur le point de débarquer en tongs... Bref, je suis sur une drôle de planète… une terre lunaire...

Je rentre pour un adieu, pas pour une nouvelle série d’aurevoirs... Il ne s’agit que de 5 jours, en famille, essentiellement, pas d'une tournee generale. J’espère donc que vous excuserez mon manque de temps ainsi que mon envie de reprendre rapidement ma place, ici.

Em

mercredi, octobre 18, 2006

… Le bout du monde !

Trois heures de bateau… Padillo, une vingtaine de huttes en bambous délabrées…tout le monde descend… Burdéos est de l’autre coté… Il y a trois jeepney… Bartez m’indique le mien… Je monte et attends qu’il se remplisse avant de partir… C’est pas gagner ! Il y a juste une mère de famille avec un sourire de Zézette épouse X qui caresse les têtes de ses filles endormies, une sur chaque genoux. Ils sont tous entrain de prendre un repas à l’unique cantine du bled…
Après quelques minutes, je tilte! Sur les indications qu’on m’a laissé, il y a écrit « 1 à 4heures de route suivant l’état de la piste »… Je descend, demande s’il y a un truc comme des toilettes… Trois femmes qui étaient dans le bateau me font contourner la cantine… et restent toutes les trois devant la porte … au cas où… tout va bien ? Oui, oui je vais très bien…
L’intérieur du jeep est capitonné de velours rouge et parsemé de miroirs… on se croirai en boite… Un type énorme s’est endormi et ronfle à un niveau sonore étonnant… On démarre… Après quelques minutes, la mère de famille demande que l’on s’arrête… Un homme monte … Elle crie plus fort… Un autre homme sort d’une maison, une bouteille d’1l de bière dans la main gauche, un verre plein dans la main droite… il titube… s’applique mais galère pour monter… je suis morte de rire… Pas besoin de comprendre le tagalog pour savoir que l’australopithèque est entrain de se prendre un savon !
Je me demande comment le volontaire qui a ouvert ce programme s’est-il retrouvé là…
Pendant deux heures, nous allons avancé, mètre après mètre, sur une piste boueuse et glissante… puis au détour d’un col … Une baie d’un bleu parfait parsemée de minuscules îles se détache du paysage de cocotiers … Burdéos !
Ici, il n’y a pas d’essence, pas d’eau courante, pas d’eau potable à vendre, pas de ligne téléphonique, Internet pas plus, pas de journaux, l’électricité fonctionne de 14h à 20h…
C’est au sein de ce convoi disco constitué d’un Koubiac ronflant, Barbez vieillissant, Johnny Philippin, Zézette, l’australopithèque et leurs enfants que j’atteints le bout du monde…
Après ça… sur cette latitude là… c’est le Guatemala…

mardi, octobre 17, 2006

Burdéos ...


La responsable du programme d’Infanta, m’a confiée à la cuisinière de la cantine qui se situe devant l’arrêt du jeep… Le jeepney n’arrive pas… La cuisinière me confie donc à son cousin, chauffeur de tricycle … après une demi-heure à travers la campagne, nous arrivons à Puerto Real … Le chauffeur me confie au capitaine du port… le capitaine du port me fait monter … Et me confie aux passagers …
… Silence et regards éberlués… On me tend la liste, j’écris … le premier rang derrière moi regarde discrètement par dessus mon épaule, le deuxième a légèrement soulevé son postérieur pour passer au dessus des premiers et le troisième rang se tord le cou, debout …
«Emélyn Dé djeans» … «French» … «French» … «French» (ayé, ca a fait le tour du bateau !) «Volunteer” … “haaa volunteer !! Burdéos.» Je referme le bloc et lève la tête … Une quinzaine de sourires édentés viennent de m’adopter … Les questions pleuvent … Qui suis-je ? Qu’est ce qu’un parrainage ? Où est la France ? Quel age a ma mère ??? Un travail collectif s’organise pour rechercher le vocabulaire d’anglais et formuler les questions… Ils hallucinent dès que je capte un mot de tagalog… Mon carnet de vocabulaire fait le tour du bateau…«but, why are you alone?» Impensable pour un philippin qu’on puisse voyager seul … Alors une femme blanche!!!…
On me tend un papier : « eau de toilette » … éclat de rire général … Personne n’a jamais su comment prononcer ces termes… On répète après moi, syllabes après syllabes… What is it “yo di tolet”?… Première fois à Burdéos ? Oui, c’est ma première fois … Tous ceux dont c’est la première fois se lèvent pour me serrer la main…
On me fait passer un fruit … Je ne connais pas… Mon voisin épluche son fruit au ralenti… s’assure que je ne loupe aucune étape… il est chauve, avec la peau du visage toute flasque… Il a morflé Bartez ! J’aime bien les lanzones … Ca fait plaisir à tout le monde… On me fait passer une branche entière … C’est l’homme du fond qui me la donne… Je me lève pour remercier l’homme du fond…

Il est là !!!! Plus rock que jamais… avec la grosse voix qui en fait trop… La démarche de cowboy… Un aigle sur le dos…
Depuis une heure, (le bateau n’est toujours pas parti) je me dit qu’il manque une camera pour des moments pareils … Ce jour là, ma camera s’appelle Lavinia … L’homme du fond … Ma poule, c’est lui !! Version philippine, mais c’est lui … C’est Johnny !

samedi, octobre 14, 2006

Call me...

La bonne blague :
Une blanche aux cheveux courts, qui a les yeux clairs et fait de l’humanitaire… C’est … Lady Di … bien sur !!
Les voisins m’ont donc baptisée Princess Diana…
Call me Princess… it’s enought…



PS : A tous les handicapés d’Internet…et les autres … Vous pouvez aussi m’appeler Emmeline DEJEAN au 0063 919 48 18 705… à bon entendeur …

jeudi, octobre 12, 2006

Dans les bras !!

Cette requête enfantine, si souvent prononcée et si souvent entendue au pays du fromage est totalement inexistante dans celui des 1000sourires… Pour la simple et bonne raison, que les enfants ne quittent jamais les bras des parents !
Tout niveau social confondu, les poussettes et landeaux brillent par leur absence… Inutile donc de préciser qu’on est loin du maxi-cosy et du siège bébé… Plus étonnant, aucun système d’attache ou semblant de kangourou en tissu n’est imaginé…
Les pères et mères de familles ont donc leurs enfants dans les bras, constamment… Ils se tiennent devant les maisons, font observer le paysage à leurs progénitures, les portent aux marchés, les serrent contre eux pendant les longues heures de bus, leur parlent à l’oreille, leurs présentent la vie et le monde…

Si l’urgence existait, celle de grandir serait certainement la dernière… Ils retardent ainsi le moment de poser l’enfant à terre…
Et un jour, le plus souvent celui de l’arrivée du petit frère, lui laisse vie et liberté. Le vaste champs de celle-ci vient contraster avec ces années de fusions … La porte s’ouvre sur l’école, les champs ou à la rue…

mercredi, octobre 11, 2006

A quel rythme ?

Excellente question sur ma gauche !!!

Je n’ai pas vraiment de rythme de vie régulier …
Je vis lentement… bien sure !! Déjà, parce que je suis en Asie… Ensuite parce que, si j’étais une rapide… en 27ans, ça aurait finit par se savoir …


Pas d’horaires ni jours de « boulot », pas de semaines, de we … J’organise, à ma guise, la charge de travail de l’année … La maison est aussi le bureau... Je part plusieurs jours dans un programme, revient faire mes rapports, rencontre certains responsables à Manille, passe une journée avec un enfant...

Le paradis

Parce que les Philippines, c'est ca, aussi... Lagons et plages de reve desertiques...

mardi, octobre 10, 2006

Bis Bus

Le bis, c’est le typhon de Manille rencontré la semaine dernière, continuant de tournoyer en mer de Chine, et qui vient traîner sa queue sur Palawan… sur la route de MES vacances…
Le bus, c’est celui qui relie quotidiennement en une petite dizaine d’heures, les 230km qui séparent Puerto Princessa, la ville principale, du petit paradis d’El Nido.
Celle qui a vue sa dernière heure arrivée… C’est votre narratrice préférée !!!

Bref aperçu en mots et en photos … Un bus philippin, un homme au volant (Il fit et fut un tel miracle que nous l’avons surnommé St Christophe), une trentaine de personnes dedans (et dessus), la pluie qui ne s’arrête pas, une piste à trou en boue, au lieu de 90, nous oscillons dangereusement entre 45° et 135°, enlisements multiples, croisements de véritables chutes d’eau qui traversaient la route, et pour terminer en beauté, on a juste (excusez du peu !) reconstruit une partie d'un pont effondré …
A la fin de cette journée, j’en aurai pleuré d’épuisement physique et nerveux… J’aimerai juste une semaine sans catastrophe… Heureusement les 3jours qui suivirent furent un paradis à la hauteur de ces 15heures d’enfer …

mardi, octobre 03, 2006

Black out

Imaginez qu’on trace une ligne entre Bordeaux et Lyon et qu’on coupe l’énergie, Paris compris … Pendant près de 24H… On a plus de lumière chez soi, plus de lumière dans les rues. La Défense, La tour Eiffel, la Grand Place, les Quinquonces, La Place Belcourt, les autoroutes, les ports de Bretagne, toutes les avenues du General Leclerc, Foch et Joffre … tout est noir ! On n'a plus batterie pour les portables, pour les ordis. On n'a plus de distributeurs pour tirer de l’argent. Les portes automatiques ne s’ouvrent plus. Les supermarchés et boutiques sont fermés. Plus de metro, de RER, de station service. Plus de frais dans les frigos, plus de chauds sur les plaques, plus de restos…
Après 24h, ça revient aux Halles et à l’Etoile. Puis, 48h plus tard, dans les principaux centres des grandes villes. Au bout de 72h, à St Ouen/Cubao...
On a appris … A vivre le jour. A dormir la nuit. A compter les bougies. A se tenir au courant de chaque mouvement. A se déplacer pour se parler. A attendre ceux qui ne viennent pas, sans savoir où ils sont. A se lever aux aurores pour être les premiers sur les fils d’attente des distributeurs. A ne côtoyer que ses voisins.
C'est des trucs en plus à raconter, mais, a vrai dire, ça ne m’a pas fait trop marrer … C'est pas possible qu' un meme pays cumule autant !!! ...Les marees noires, les typhons, les volcans ...
Apres 3jours, la lumiere est revenue. On a pris la tangente direction Palawan, pour une petite semaine au soleil ... et pour l'instant, on a jamais vu autant de pluie...